Palettes de couleurs

mercredi 27 février 2019, par ID

Même si on n’est pas graphiste, on peut avoir besoin d’utiliser soit fréquemment, soit sur une période donnée, une série de couleurs bien particulière pour des usages divers, incluant une impression professionnelle ou la création de produits publicitaires. Dans ce tutoriel, je vous propose une manière de gérer les couleurs de façon à pouvoir ensuite en créer des palettes pour des logiciels comme Gimp, Inkscape ou encore LibreOffice.

Ce tutoriel intervient en point d’orgue en quelque sorte à la simili-série sur Inkscape : ajout d’une extension, d’Inkscape à une brodeuse sur l’usage des palettes de couleurs dans le logiciel. Il est à compléter par celui sur la création d’une palette de couleur dans LibreOffice dont les informations restent tout à fait valables.

 Qu’est-ce qu’une palette de couleurs en informatique ?

En informatique, une palette de couleur est un fichier qui contient une liste de couleurs. Les logiciels de dessins et les suites bureautiques proposent des palettes génériques que l’on peut abonder d’autres couleurs. Il existe aussi des palettes standardisées, comme celle des couleurs Web ou spécifiques comme celle des fabricants de fils à broder [1].

L’équivalent des palettes de couleurs, dans le monde « matériel » ce sont les nuanciers. Le plus connu est le nuancier Pantone. C’est la référence en imprimerie, mais il en existe bien d’autres et dans de nombreux domaines : peinture, construction automobile, fils à coudre, à broder, à tricoter, etc.

Les formats des fichiers de palette (donc leur extension) et les informations requises pour que le fichier soit valable varient selon l’application qui va s’en servir.

 Quelles informations sont nécessaires pour créer une palette ?

La seule information commune aux palettes de couleurs est le numéro hexadécimal de la couleur, celui qui commence par un dièse et qui est suivi de six caractères, par exemple :

  • blanc #ffffff ;
  • noir #000000 ;
  • rouge #ff0000 ;
  • gris 30 % #b3b3b3.
Inkscape : sélection des couleurs

Les palettes au format GPL pour Gimp et Inkscape réclament aussi les données RVB (rouge-vert-bleu) et si, ce qui est probable, la palette doit avoir d’autres usages les valeurs TSL (teinte-saturation-luminosité) ou CMJN (cyan-magenta-jaune-noir) peuvent être utiles et, évidemment un nom plus facile à mémoriser, par exemple « bleu foncé Mageia ».

Pour trouver ces informations, on peut ouvrir une application de dessin. Ici, par exemple Inkscape ou la répartition des couleurs selon les modèles RVB, TSL ou CMJN figure dans des onglets séparés, le code hexadécimal figure en fait dans la case RVBA. Ce sont les six premiers nombres de la case, les deux dernières lettres indiquant le degré d’opacité de la couleur. Pour avoir ces informations, dessiner une forme quelconque, clic-droit, aller sur Fond et contour remplir le fond de la couleur.

On peut aussi passer par LibreOffice Draw par exemple. Une façon de faire, dessiner une forme, clic droit dessus et Remplissage. Choisir la couleur de la façon la plus appropriée.

LibreOffice : boite d’ajout de couleurs

Hex # indique le code hexadécimal et HSB les données TSL (le sigle n’est pas traduit).

 Comment générer des palettes différentes à partir d’une seule source ?

Si on a besoin de couleurs précises, on en a souvent besoin aussi bien avec les outils de dessin qu’avec les outils bureautiques. Elles peuvent également être nécessaires pour donner des indications : aux imprimeurs, aux graphistes, aux développeurs web, aux prestataires de produits publicitaires ou, tout simplement, pour la charte graphique destinée au personnel d’une entreprise.

Personnellement j’utilise un classeur, ce qui me permet d’avoir toutes les informations susceptibles d’être utiles, à savoir :

  • le nom que j’ai donné à la couleur, qui est à la fois celui de la couleur, et une indication soit de nuance, soit d’usage, soit les deux ;
  • les valeurs RVB ;
  • le code hexadécimal avec le dièse devant pour faciliter les copier-coller dans le cadre de l’élaboration d’une feuille de style pour un site internet ;
  • dans certains cas, les données TSL ;
  • dans certains cas aussi, les valeurs CMJN ;
  • son utilisation.
Exemple de liste de couleur
Dans une colonne de la feuille Calc, l’arrière-plan des cellules est de la couleur définie dans la ligne.

En les gérant de cette façon, je peux facilement les trier, les exporter, les copier. Et, je ne le fais pas toujours, je peux aussi colorier la cellule de la couleur concernée et avoir ainsi un rendu immédiat.

 Générer une palette pour Gimp et Inkscape

Les palettes de couleurs au format GPL réclament les valeurs RVB et le numéro hexadécimal. On les crée dans un éditeur de texte, personnellement, sous Mageia, j’utilise Notepadqq, il y en a d’autres.

Elles comportent un « en-tête » dont la graphie, à savoir les majuscules de GIMP et de palette ainsi que l’absence d’espace avant les deux points doit être strictement respecté, sinon on ne les verra pas dans la liste des palettes d’Inkscape ou de Gimp.

Le nom de la palette est celui de votre choix et peut être écrit en français normal. Ce n’est pas celui du fichier.

La ligne avec le signe dièse, #, est impérative, mais, si le dièse doit figurer sur la ligne, les noms des intitulés peuvent varier. Par exemple, ceci : « # pouet Noms Numéro » ne gêne pas du tout Inkscape qui trouve la palette sans problème.

 Rangement des palettes

Les palettes se rangent dans les profils des applications. Donc, les fichiers .GPL dans les sous-dossiers palettes d’Inkscape et de Gimp que vous trouverez respectivement :

  • pour Linux, home/<nom d’utilisateur>/.config/
  • pour Windows, quelque chose comme, C:\Users\<nom d'utilisateur>\AppData\Roaming\
  • pour Mac OS, users/<nom d’utilisateur>/Bibliothèque (ou Library selon les configurations).

Pour LibreOffice, le chemin est plus compliqué, mais bon. Comme pour les logiciels précédents dans le dossier LibreOffice de soit .config, soit AppData\Roaming soit Bibliothèque (ou Library) selon votre système. Là, vous rangerez les palettes, des fichiers .SOC dans le sous-dossier config du dossier de profil de LibreOffice, plus à ce niveau : 4/user/config/.

Dans tous les cas, il faudra afficher les fichiers cachés. La procédure dépend de votre OS et de votre explorateur de fichiers.

 Pourquoi avoir des palettes spécifiques dans LibreOffice ?

C’est vrai que la gestion des couleurs est très facile maintenant dans la suite bureautique, mais !

L’intérêt d’une palette c’est qu’elle ne dispose que des couleurs dont on a besoin, ou, tout du moins, celles liées, par exemple à une charte graphique. En outre, le fichier peut être facilement distribué, mis sur un profil en réseau d’entreprise.

Pour donner un exemple concret, j’ai fait, pour l’association de promotion du logiciel libre, l’April, une série de modèles pour les fiches destinées à aider les bénévoles sur les stands. Le lot de modèles a été livré avec la palette spécifique de l’April afin que les personnes qui rédigent puissent, le cas échéant utiliser les couleurs pour, par exemple, faire des diagrammes avec les couleurs exactes ou modifier les modèles.

 Pour aller plus loin

On complètera ce tutoriel par :


Pour compléter : Création d’une palette de couleur dans LibreOffice


[1voir à ce sujet à l’article sur l’extension Inkstitch.