L’Unicode à portée de clavier

vendredi 21 avril 2017, par ID

Un clavier d’ordinateur a un nombre de touches limité, encore plus lorsqu’il s’agit d’un ordinateur portable qui a, rarement, un vrai pavé numérique. Cela veut dire qu’il y a énormément des caractères, dont certains bien utiles, difficilement accessibles, donc utilisables. Depuis la version 5, LibreOffice accepte l’utilisation des codes Unicode dans presque toutes les applications de la suite.

 Pontification rapide sur l’Unicode en guise de piqure de rappel

L’Unicode est un format de codage des signes : lettres des différents alphabets, chiffres, ponctuations, idéogrammes, souriards, symboles, etc. Dans le code Unicode, chaque signe a son numéro à lui. De fait, un texte écrit avec des caractères Unicode sera vu de la même façon, quels que soient la langue, le système et l’interface du lecteur final. À contrario de ce qui se passait avant que l’Unicode ne se répande. On peut encore le constater sur des vieux textes ou des sites internet pas très à jour dont les caractères étaient codés en ISO-quelque chose qui n’était pas forcément le même que l’ISO-truc du destinataire final. Bref.

Le standard Unicode existe depuis 1991… il y a encore des gens dont la messagerie est configurée pour écrire en ISO-truc muche et pas en Unicode alors que, pourtant, ils écrivent en caractères latins [1]. Il en va de même pour les sites internet. Passons.

 Saisir des caractères qui n’existent pas sur le clavier

Quand on veut avoir des caractères qui n’existent pas sur le clavier, les solutions varient en fonction des systèmes, voire des logiciels et des types de claviers.

Dans tous les OS, il est possible d’accéder à la table des caractères, de chercher celui que l’on veut et de le copier-coller. C’est une procédure assez lourde. Certains OS comme Linux et OSX permettent par exemple d’avoir des majuscules accentuées en français en appuyant en même temps sur la touche de la lettre et sur la touche majuscule [2].

Dans Windows on peut utiliser, presque partout [3] une combinaison de touches Alt plus le numéro indiqué dans la table des caractères de Windows. Par exemple Alt + 0149 pour avoir une puce ronde qui peut servir par exemple à faire des séparateurs un peu élégants dans une adresse ou comme « fausse puce » dans un texte. Mais, ceci n’est pas l’objet de ce billet.

Le code de la puce
Le code décimal figure en bas à droite de la boite.

Le problème avec cette solution c’est que, d’une part, tous les caractères ne bénéficient pas d’un tel code, et que, d’autre part, c’est compliqué avec un clavier d’ordinateur portable sans pavé numérique : il faut actionner le pavé numérique pour les touches qui font fonction de pavé numérique ne donnent que des nombres puis repasser le clavier en clavier « normal ». Bref, c’est aussi assez lourd et peu satisfaisant.

Pas de code
Rien à l’emplacement du code décimal.

 Le raccourci magique Alt + X dans LibreOffice

Depuis sa version 5 [4] donc, LibreOffice permet de saisir le numéro Unicode du caractère, quel qu’il soit, suivi du raccourci Alt + X et cela sur n’importe quel clavier et avec n’importe quel OS.

La seule limite concerne la polie choisie : elle doit être de type Unicode et le caractère doit y figurer, toutes les polices ne sont pas codées en Unicode, et elles n’ont pas toutes la totalité des caractères Unicode. C’est pratique et plutôt logique. Par exemple, si on veut avoir des numéros entourés [5], on tape 2460, on fait suivre la saisie de Alt + x [6] et hop on a un beau ①. Le ② a comme nom de code le numéro 2461 et ainsi de suite. Yapluka se faire un copion avec ses caractères Unicode favoris.

Cela fonctionne dans toutes les applications de la suite, hormis les formulaires de Base, et encore cela est peut-être dû à la configuration du champ de formulaire dans lequel je me suis essayée à avoir ce genre de caractère. Mais, peu importe.

Dommage, cela dit que les autres applications dans lesquelles je saisis du texte ne permettent pas cela.

 Pour aller plus loin


Pour compléter : Rappel sur les formats ouverts, parce que c’est lié tout ça.


[1Les langues à idéogramme comme le chinois et le japonais sont, en effet, pour l’instant, les parents très très pauvres de l’Unicode.

[2Ça c’est le discours « officiel », il y a certains Mac avec lesquels je ne suis jamais arrivée à ce résultat.

[3Pas dans Inkscape par exemple.

[4Oui, je sais je n’en parle que maintenant.

[5Je m’en suis beaucoup servi dernièrement.

[6Le x minuscule ou majuscule, peu importe.