Archéo informatique

mardi 10 juin 2014, par ID

Avant, quand c’était, forcément, mieux et que le monde était beau pas comme celui de maintenant (air connu), quand on voulait connecter des périphériques à un ordinateur, on ne pouvait pas faire n’importe quoi.

Petite pontification du mardi.

 Il y avait un port pour tout

Enfin, chaque périphérique avait son port à lui tout seul qu’il ne partageait pas avec les autres. Cela donnait :

  • le port parallèle (1), et son câble, pour l’imprimante (livrée sans le câble évidemment) ;
  • le port PS2 pour le clavier et le port PS2 pour la souris (4), bien qu’en apparence identiques hormis la couleur, étaient différenciés et il ne fallait pas brancher la souris à la place du clavier et vice-versa ;
  • le port SCSI (3) pour des unités de sauvegarde externe, certaines imprimantes si je me souviens bien, voire, des écrans dans certains cas ce qui pouvait nécessiter un ordre très strict d’allumage des appareils ;
  • plus, évidemment, le port VGA pour l’écran et le port RJ45 pour l’accès internet (plus le téléphone), et là, je vous passe les détails sur l’histoire des paires torsadées.
Collection de ports
Photos de la photothèque Wikimédia : Duncan Lithgow, port parallèle et port série, Quark67 port SCSI, Afrank99 clavier et souris.

Et n’oublions pas les ports série (2) sur lequel on pouvait brancher tout le reste, c’est-à-dire pas grand-chose, et les fameux ports PCMCIA pour les portables qui servaient à connecter des tas de trucs, mais qui étaient finalement assez inutiles la plupart du temps. Dans l’ensemble tout cela ressortait plutôt du processus shadokien qui consommait beaucoup de matière première d’une façon pas très rationnelle.

Alors, évidemment, quand on avait, par exemple, un ordinateur portable et qu’on voulait, de retour au bureau, le reconnecter à tout ça, ça prenait du temps, ou alors on achetait une station d’accueil avec des réplicateurs de port, à condition d’en trouver une pour son ordinateur [1].

Ça c’était, il y a encore dix-douze ans, même pas au siècle, voire au millénaire précédent !

 La révolution USB

Apparu à la fin du siècle dernier, le port USB et ses hubs, sortes de prises multiples informatiques, est devenu la clé quasiment unique d’entrée et de sortie des périphériques avec l’ordinateur. Quasiment, car il reste toutefois les ports qui donnent accès à un écran externe, et là ça se complique avec les ports VGA (traditionnel) et HDMI (téléviseur), ceux pour le son qui nécessitent des branchements particuliers et l’accès internet – réseau. Mais, on n’a déjà plus à se préoccuper du nombre de prises sur l’ordinateur et de la possibilité d’en ajouter d’autres, parce que la carte-mère ne pouvait pas accepter toutes les prises du monde et qu’un ordinateur portable reste fondamentalement une entité fermée et peu évolutive.

En fait ce qui est devenu compliqué, oui c’était trop beau, c’est à l’autre bout : entre les connecteurs USB « normaux » (pas les plus courants de ce côté-là), les connecteurs spéciaux plutôt carrés pour les imprimantes et les scanners, les micro-USB de la plupart des périphériques et gadgets USB, les connecteurs hdmi (tablettes) ou encore les connecteurs propriétaires, plus, évidemment les connecteurs USB3. Côté ordinateur, hop un hub USB (de préférence avec une alimentation externe) et on branche en un tournemain tout le fourniment d’un ordinateur à l’autre. Pas besoin de réseau [2], ni même d’une collection d’appareils sans fil avec leurs inconvénients [3].

Peut-on imaginer un ordinateur aujourd’hui sans USB, voire, un ordinateur avec des prises USB uniquement à l’arrière ? Oui je sais il y a certaines tablettes qui ne communiquent avec le monde qu’en utilisant la wi-fi.

Par moments, je me demande à quelle bestiole se référaient les dinosaures quand ils avaient l’impression d’être des dinosaures.


[1Et en plus ce n’était pas donné, ça ne l’est toujours pas d’ailleurs.

[2Pas très utile pour une entreprise unipersonnelle

[3La batterie qui lâche de façon inopportune, la connexion qui faiblit, le surcoût dans certains cas, la sécurité des données...