La défense des logiciels libres : un acte politique ?

mercredi 9 septembre 2015, par ID

Ernesto Che Guevara
Ernesto Guevara à la découverte de l’Amérique en 1952

Politique  : relatif à l’État, qui a rapport à la société organisée. Première définition du mot quand on fait une recherche dans le dictionnaire du CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et lexicales)

En ce moment je lis la biographie : Che Ernesto Guevara, une légende du siècle de Pierre Kalfon, Seuil 1998.

L’auteur cite quelques phrases du discours d’Alger [1] prononcé par le Che le 24 février 1965, à une époque où l’informatique n’est pas encore, même dans les récits de science-fiction, entrée partout [2]. À une époque où les OGM n’existaient pas et où la brevetabilité du vivant n’était même pas pensable, à une époque où la notion de logiciel libre n’existait pas. [3]

Dans ce fameux discours, Ernesto Guevara réclame une : « conception totalement nouvelle des rapports internationaux » notamment des relations entre pays pauvres et pays riches.

Pierre Kalfon relève les trois thèmes majeurs du discours, dont celui-ci : « mettre à la portée des pays sous-développés toute la technologie des pays avancés sans utiliser la méthode actuelle des brevets ». On est en plein dans les revendications des logiciels libres, à cette différence que cela concerne tout le monde, pays riches comme pays pauvres. Et c’est pour cela que, souvent, les logiciels libres sont traduits dans une époustouflante diversité de langues, même peu parlées.

La défense et la promotion des logiciels libres sont-ils des actes politiques ? Oui, absolument.


[1Rien à voir avec le « je vous ai compris » gaullien.

[2Le microprocesseur n’a été inventé qu’en 1969, soit deux ans après la mort d’Ernesto Guevara.

[3Richard Stallman, né en 1953, n’utilisera son premier ordinateur qu’en 1969.