Utiliser les logiciels libres, un acte politique ?

mardi 29 mai 2012, par ID

L’April, association dont l’objectif est la promotion et la défense du logiciel libre, a lancé, à l’occasion des législatives françaises de 2012 une campagne auprès des candidats à la députation sur le site candidats.fr.

 L’objet ?

Sensibiliser les candidats sur le sujet des logiciels libres et leur demander de signer le pacte du logiciel libre.Le dit pacte a le mérite d’être court et non verbeux [1] : quatre courts paragraphes et clair. Il commence par expliquer ce qu’est le logiciel libre, pourquoi il convient de le promouvoir :

Il constitue également une opportunité pour le public mais aussi pour l’indépendance technologique et la compétitivité de la France et de l’Europe ; le Logiciel Libre est un bien commun à protéger et à développer. [2]

 Ce qui est demandé aux candidats ?

D’encourager le recours à ce type de logiciel, de défendre les droits des auteurs et des utilisateurs. Dans le cadre du deuxième point, les candidats s’engagent à refuser des lois qui porteraient atteinte auxdits droits et à modifier toute loi qui le fragilise.

 Où est l’acte politique là-dedans ?

Dans un article du 28 mai 2012, le site Pcinpact signale que 227 candidats (246 à l’heure où j’écris ces lignes) ont signé le pacte. Plutôt des candidats de petits partis, dont, évidemment, ceux du Parti Pirate : seulement six signataires au PS et.... zéro pour l’UMP. On ne relève pour le Front national aucun signataire et cinq candidats qui ne signeront pas le pacte [3].

 Le recours au logiciel libre serait-il donc une marque de fabrique de la pensée de gauche ?

Plus sérieusement, avant de se livrer à une analyse quelconque et rapide, il faut peut-être se demander comment sont recueillies les données [4], on peut se poser la question du recueil des signatures. Les candidats sont contactés par des volontaires.

On peut donc penser qu’il est plus facile (ne serait-ce que pour démarrer) de commencer par des candidats qu’on imagine plus accessibles à l’idée. On peut aussi supposer que certains candidats qui se prennent trop au sérieux ne répondent pas sur un sujet qu’ils ne connaissent pas et qu’ils jugent inintéressant électoralement parlant.

Enfin, la démarche, que ce soit celle de faire signer le pacte ou celle de militer pour le logiciel libre, réclamant une certaine forme d’humanisme, on peut comprendre que les volontaires n’aient pas du tout envie d’aller chercher la signature de quelqu’un qui se réclame du parti MNR-contre l’immigration-islamisation.

Il n’en reste pas moins que je vais suivre cette histoire avec intérêt.


[1Ce qui est un exploit et une rareté, il faut bien le reconnaître

[2Extraits du pacte.

[3Chiffres relevés sur le site candidats.fr ce mardi 28 mai 2012 à 14h40.

[4Bon, d’accord, c’est une question systématique.