Le choix d’un hébergeur

mercredi 16 octobre 2013, par ID

Une question qui se pose (et qu’on me pose) souvent, à laquelle il n’y a pas de réponse unique et définitive hélas.

 Les critères de décision

Illu hébergeurChoisir son hébergeur va dépendre des plusieurs critères, le type de site et l’audience prévisible en sont les éléments clés.

Prenons par exemple un site vitrine, le genre de site pas très compliqué qui réclame peu de ressource informatique, dont l’audience est assez faible. Dans ce cas à peu près n’importe quelle option d’entrée de gamme fera l’affaire.

Un site de vente en ligne va se montrer plus gourmand, non seulement en espace, mais aussi en ressources informatiques : calcul des paniers d’achat, des frais de port, enregistrement des comptes des clients, solution de paiement, effets divers (galeries, zoom, rotation, 3D…) sur les visuels des fiches des produits et doit être d’une fiabilité absolue. Mais on peut aussi, dans ce cas, choisir un hébergeur spécialisé comme Oxatis ou Wizishop par exemple.

Un site de jeu, d’hébergement de vidéos ou qui propose des podcasts [1], quant à lui va réclamer des ressources et une bande passante importantes.

Par ailleurs, dans certains cas, un site peut connaître des périodes brèves où le trafic est extrêmement intense ce qui nécessite, ponctuellement, des ressources importantes, notamment un grand nombre de connexions simultanées.À cela, se surajoutent, évidemment, la notion de budget et celle des compétences techniques dont vous disposez.

 Les notions clés

Il n’est pas toujours évident de se débrouiller dans le nombre d’offres qui existe sur le marché. On a un peu l’impression que tout le monde propose à peu près la même chose, mais à des prix différents. Ceci vous aidera je l’espère en tous cas à comprendre, ce qui vous est proposé.

Serveur dédié ou mutualisé ? Le serveur est la machine [2] qui héberge votre site. S’il est dédié, il est à vous seul et c’est à vous de l’administrer, c’est plus cher et ça demande des compétences techniques, mais c’est plus puissant. S’il est mutualisé, vous occupez un bout de machine, c’est moins cher et la gestion technique du serveur lui-même (pas celle de votre site) est assuré par l’hébergeur, en contrepartie vous ne pouvez pas décider vous-même des changements techniques, ce qui peut s’avérer (et s’avère d’ailleurs) gênant.

Il existe aussi des systèmes en infogérance : vous avez un serveur dédié, mais géré par l’hébergeur. C’est plus cher, mais peut s’avérer plus souple et permettre, ponctuellement de disposer de ressources très importantes pour accueillir un nombre très élevé de connexions simultanées.

La bande passante : c’est le débit dont vous disposez, en gros cela s’applique au nombre de connexions que vous avez, à la quantité d’informations que vous mettez en ligne et la rapidité de l’accès. La plupart des offres parlent de bande passante illimitée, ce qui est théoriquement vrai. En pratique, cela varie en fonction des capacités, de l’importance de l’hébergeur, voire de ses qualités propres : si votre site excède les capacités du serveur, il devient inaccessible. Normalement, si vous avez un hébergement avec bande passante illimitée, on ne saurait vous reprocher (et vous demander de changer d’offre) si votre site est très attractif et consomme beaucoup de bande passante [3]. Certains hébergeurs parlent plutôt en nombre de connexions simultanées. Plus il est grand, plus vous pouvez avoir de trafic, logique. Ne pas s’affoler si cela ne semble pas beaucoup.
Espace disque : comme son nom l’indique, c’est ce dont vous disposez pour votre site, contenu et contenant (outil de gestion de contenu). Les offres à 100 Mo sont généralement suffisantes pour un site vitrine et en démarrage, mais s’essoufflent assez vite pour peu que le site vive, accueille des documents, des images, des vidéos, du son… et, quand on n’a plus de place sur le serveur, on ne peut plus rien faire et il faut soit faire de la place, soit changer de formule (ne pas oublier que le poids du CMS est inclus dans celui total du site). Celles à 2 Go, souvent proposées en pack de base aujourd’hui peuvent suffire dans bien des cas, mais il faudra prévoir des évolutions si le site s’étoffe.

Le nombre de bases de données : aujourd’hui, il semble incongru de faire un site simplement en créant des pages html les unes après les autres alors qu’il existe un choix intéressant d’outils de gestion de contenus (CMS), libres ou non, gratuits ou payants qui facilitent la mise à jour de votre site [4]. Les CMS vont rechercher les informations dans la base de données et faire le joint avec les fichiers html et css pour afficher le site ou l’interface privé pour saisir les articles. Il est plus simple, voire plus fiable, de disposer d’une base de données par site, bien qu’on puisse avoir plusieurs sites sur la même. C’est un critère d’ailleurs de moins en moins mis en avant par les hébergeurs. Par contre, la version de PHP est importante (on est à la version 5.5) ainsi que la taille de la base.

Le nombre de sites : en pratique, hormis les offres d’entrée de gamme, souvent cantonnées à un site, la plupart des hébergeurs vous laisse la possibilité d’en avoir plusieurs, voire le nombre que vous voulez. Idem pour les sous-domaines d’ailleurs. Cela dit si votre espace est limité, fatalement le nombre de sites que vous pouvez y mettre l’est aussi concrètement.

Les comptes courriels : le nombre d’e-mails varie selon les hébergeurs, mais, à moins d’être une grande structure, ou de vouloir en faire profiter une très nombreuse famille, ce n’est pas très important. Par contre, quand cela est indiqué, l’espace lui peut être un critère de choix.

L’accès au panneau d’administration : n’est même pas un argument, c’est un minimum… de même que le support client d’ailleurs ou l’accès au ftp qui vous permet de téléverser directement vos fichiers sur le serveur.

Les sauvegardes : un système de sauvegarde automatique que vous pourriez recevoir par mail est effectivement une qualité à considérer. Tous ne le proposent pas.

Les applications (ou apps) et autres : tous les hébergeurs vous signalent une myriade de CMS, d’applications, de fonctions plus ou moins différentes, mais pas vraiment. Il faut bien avoir l’air de se démarquer de la concurrence.

Le nom de domaine offert : très clairement, ça n’a aucun intérêt. Cela signifie généralement que vous ne payez pas le nom de domaine tant que vous êtes chez l’hébergeur, mais aussi, souvent, que vous ne pouvez pas le garder facilement si vous décidez de changer de crèmerie. Et là, ça pose problème.

 Les comparatifs et sites de notation des hébergeurs

Quel crédit accorder aux divers sites de notation et des comparaisons des hébergeurs ? Bonne question…Pour avoir (très mal) choisi, une fois, un hébergeur en me basant sur les avis lus sur ce genre de site, je suis très très réservée [5] et ce d’autant plus que les sociétés commerciales savent très bien utiliser ce créneau pour faire leur propre promotion et que les hébergeurs paient des publicités sur ce type de sites.

Ces sites peuvent être utiles mais je conseillerais plutôt de privilégier les avis négatifs : s’ils sont argumentés et se recoupent, peut-être serait-il judicieux de choisir un autre hébergeur. Il faut aussi tenir compte de la date des avis. La situation peut changer très facilement.

Néanmoins quelques adresses :


[1Téléchargements de fichiers sons

[2On simplifie, il peut y en avoir plusieurs.

[3Mais en fait si.

[4Ce qui est important pour le référencement.

[5J’avais choisi le « meilleur » qui s’est vite révélé calamiteux